Harold Bouvard
Déconstruire la matière
Descendre dans les sous-sols du Vélodrome de la jonction, c’est comme entrer dans les entrailles d’un animal endormi, rassasié des univers éclectiques et polymorphes de multiples artistes locaux. Se rêver en Noé dans le ventre d’une baleine « amateur » d’art et d’artisanat.
Et c’est bien de ce mélange entre Art et Artisanat qui représente la pratique de Harold Bouvard que je vais découvrir aujourd’hui. Depuis des millénaires, ces deux formes d’expression ont façonné l’histoire humaine. Considérées par certains comme distinctes, je m’en vais découvrir ici si l’on peut tracer une ligne nette et précise entre ces deux disciplines.
Harold m’accueille avec entrain dans son univers surchargé de matières brutes, d’oeuvres en progression, de travaux finis et d’accumulation d’objets personnels. Nous nous frayons un passage à travers plusieurs années d’expérimentation de la forme et de déconstruction de la matière.
Ébéniste de formation, Harold Bouvard repousse les limites de son métier en allant chercher au-delà de la tradition et du fonctionnel, la forme qui permettra une réflexion sur les objets du quotidien, les matériaux et leurs caractères.
En revisitant les gestes appris et en déconstruisant les objets artisanaux réalisés dans les règles de l’art, Harold nous raconte des histoires et nous guide à travers les méandres de son esprit. Il passe aisément du bois au cuire, de l’ébénisterie à la couture pour créer de nouvelles formes qui interrogent autant sur sa fonctionnalité que sur son exécution.
En quittant son atelier, je reste persuadé que la limite entre Art et Artisanat n’est pas imperméable, que ces deux pratiques se nourrissent l’une de l’autre et qu’à travers son travail Harold Bouvard l’assume totalement.
Pour connaître le travail de Harold Bouvard : https://www.haroldbouvard.ch/